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A propos oliviersam

Composer, viola player, publisher, globe-trotter

Live France Culture avec Brian Lopez

LIVE on “France Culture Radio – Rendez Vous” in Paris, France on Friday, Nov. 25th. Musicians: Brian Lopez (guitar, Vocals), Gabriel Sullivan (upright bass), Olivier Samoullian (viola), Charlotte Defourny (violin), Laurent Allinger (baby shakers)


Compositions originales des films de Thomas Lacoste de la “Bande Passante”

Olivier Samouillan et Anthony Mowat (Label: Art Melodies) composent la musique des films de Thomas Lacoste réunis dans ce coffret DVD aux Editions Montparnasse.

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Thomas Lacoste a tourné et rassemblé ces 47 films-entretiens indispensables pour comprendre notre temps, et retrouver des raisons d’agir…

Kit de survie éthique et politique : Il faut penser le monde autrement, réfuter la logique du néolibéralisme – sa violence au quotidien, la marchandisation des rapports humains.
Pour situations de crise[s] : D’où l’urgence de la critique, et la nécessité d’écouter ces témoins – philosophes, sociologues, juristes, magistrats, historiens, psychiatres, économistes, syndicalistes, enseignants et chercheurs… à l’usage du plus grand nombre.


Sculpture en O.S

Sculpture en O.S 3’02
Compositeurs: Anthony Mowat / Olivier Samouillan
Alto : Olivier Samouillan , M.A.O : Anthony Mowat

Label Art Melodies

Cette composition illustre un déplacement dans l espace urbain d’une mégalopole industrielle. Chaque partie évoque un évènement surprenant , troublant.
L ‘énergie d’une ville, ses bruits et ses lumières , ses collisions de styles et d’ambiances , trouvent leur apaisement dans une ambiance en suspension…il n’est plus possible d’aller plus loin ou plus haut.
Comme lorsqu’ au sommet d’un gratte-ciel, on observe une ville entière et l’on entend plus que des vagues de sons ….
Les silences volontairement laissés entre les ambiances permettent la fragmentation de cette composition pour son remodelage à l’image.


Ballade sonore à la forêt de Sainte Croix Volvestre, Mai 2011


Ballade sonore au marché de Barbès Rochechouart, Paris 18ème


La dernière pute

Si un jour vous me voyez
mes chers amis tout entubé
dans un hopital sinistre
sans mes dents et l’air tout triste
Ne me laissez pas tout penaud
faites moi plutôt un cadeau

Un raï de coke une pute
pour une dernière culbute
une overdose sinon rien
dans mes veines de chaud lapin

Ne laissez pas les pharmaciens
et encore moins les chirurgiens
faire de moi un végétal
je prefère un dose létale
Ne me laissez pas tout penaud
faites moi plutôt un cadeau

Un bon pinard et une poire
qu’on se raconte des histoires
du temps ou j’étais costaud
un bon gougeat et rigolo

Je ne ressemble plus à rien
je veux rejoindre les acariens
je veux quitter cet hopital
ici on me fait trop de mal
Ne me laissez pas tout penaud
faites moi plutôt un cadeau

Un raï de coke une pute
pour une dernière culbute
une overdose sinon rien
dans mes veines de chaud lapin !


La chanson de Craonne


La Chanson de Craonne est une chanson antimilitariste écrite en 1917.

Autrefois, elle fut chantée par les soldats qui se sont mutinés (dans une cinquantaine de régiments de l’armée française) après l’offensive très meurtrière et militairement désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames.
Ces révoltes furent sévèrement réprimées, notamment par le général Pétain, nommé le 17 mai 1917 pour remplacer le général Nivelle avec pour mission d’endiguer l’effondrement du moral des soldats. Il y eut plus de 500 condamnés à mort (dont 26 effectivement exécutés).

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Koljo – Playing with Duke Bojadziev & Ensemble live @ Carnegie Hall

This is a piece from the show we did with my great friend Duke Bojadziev from Macedonia.
I met him in Boston at Berklee college of music in 1999.
It was a great pleasure and honour to play with him and the band at Carnegie Hall in NYC.
I also worked as a copyist for the show writing the score with software “sibelius” based on Duke’s great arrangement.
Well at the end, I’m the only one who didn’t have a score…


16 April, 2011, Carnegie Hall/Weill Hall
piano: Duke Bojadziev
clarinet: Vasko Dukovski
viola: Olivier Samouillan
percussions: Mathias Kunzli & Matt Kilmer
strings: Attacca Quartet
Keiko Tokunaga – violin
Amy Schroeder – violin
Luke Fleming – viola
Andrew Yee – cello


GAINSBARRE REVISITED BY OWNI

Article innitialemnt publié sur owni.fr ici

La JavanaiseJe t’aime, moi non plusAux armes, etc… Alors que l’on célèbre les vingt ans de la mort de Serge Gainsbourg, on peut parier sans risquer gros que les chefs-d’oeuvre habituels qui font les délices des compilations vont tourner en boucle. On nous refera aussi le coup du Gainsbourg devenu Gainsbarre, période 80’s si controversée sur le mode “Gainsbourg n’est plus ce qu’il était.”

Cette période est en fait plus complexe. S’il est vrai que l’artiste a produit un certain nombre de chansons douteuses, il a aussi écrit ses derniers chefs-d’œuvre. Des compositions dont la sensibilité vaut bien celle du Gainsbourg “présentable” de la période rive gauche ou du culteMelody Nelson. Il a aussi continué à creuser sa veine “porno oui mais avec les formes” (littéraires). Le tout malheureusement noyé sous des sonorités 80’s assez imbitables qui ont mal vieilli.OWNImusic a donc proposé à ses “poulains” de reprendre des titres de cette période, après un premier tri effectué par notre Gainsbourg Lover Sabine Blanc.

Hommage pas cher ? Faire un clip…

Comme vous le savez peut-être déjà, les droits d’auteurs, c’est toute une histoire. Donc, avant de s’engager dans une production trop coûteuse, nous nous sommes rapprochés des éditeurs du catalogue de Serge Gainsbourg afin de ne pas infliger à notre média des redevances trop lourdes. Après plusieurs coups de fil, nous nous rendons déjà compte de la disparité des critères de facturation. Chaque maison a sa politique et interprète le projet à sa manière. Si certains, en cette période où le back catalogue est largement sollicité, ne sont pas décidés à faciliter l’hommage, d’autres sont plus arrangeants et nous trouvons finalement la formule adéquate afin de pouvoir célébrer cette mort sans en provoquer une seconde (cf. Nicolas Voisin, notre boss).

On nous donne l’astuce : faire des clips. En raison de sa qualité promotionnelle des compositions originales, le clip est le seul usage autorisé sans que l’éditeur ne perçoive une redevance d’exploitation, dont le montant aurait pu monter à plusieurs centaines d’euros par titre pour une exploitation d’un an !  Nous avons donc dû imposer à nos interprètes de faire une vidéo, un jeu auquel ils se sont adonnés chacun à leur manière, avec les moyens du bord. Un exercice de style que chacun a présenté en quelques lignes.

Depression au-dessus du jardin par Olivier Samouillan feat. Charlotte Defourny

Il y a dix jours, je recevais un e-mail d’OWNImusic.com, il était question d’enregistrer le plus « rapidement possible » une chanson de Gainsbourg avec un clip à la clef… Je me suis tout de suite dit que les journalistes n’étaient que des gens complètement à côté de la plaque qui s’imaginent qu’on peut leur pondre des morceaux et des vidéos clips comme ça, dans l’urgence, comme eux le font avec leurs petits papiers inspirés de dépêches de l’AFP…

Me déranger alors que j’étais peinard dans ma cuisine à éplucher mes carottes en écoutant l’étude n°10 en Fa mineur opus 9 de Chopin !

Puis mes pensées erraient… de mes carottes à « l’homme à la tête de chou »… de Chopin àDépression au dessus du jardin… Quelle belle chanson pour déprimer en beauté.

Je passais un coup de fil à Franck Leblond (assistant réalisateur), Bertrand Guillou (mon copain peintre qui fait des très belle toiles même que je viens de lui en acheter une) , David Poirier pour le son et le mix et enfin Charlotte Defourny, violoniste et chanteuse de talent avec qui j’avais déjà bossé sur des chansons de Gainsbourg que l’on peut écouter ici.

Nous nous retrouvâmes donc à 1 heure du matin dans ma cuisine (seul moment où tout le monde était disponible) et travaillâmes jusqu’au petit matin.

Je profite de ce billet pour m’excuser auprès de Katerina ma voisine allemande du dessous avec qui pourtant, jusqu’à ce fameux tournage, j’entretenais d’excellents rapports.

Cette chanson me hante depuis longtemps, je ne suis jamais aussi triste que quand le gain se barre…

Lire la suite de l’article sur owni ici


Awkenou diadiabolo

Reccording session Dakar, Senegal 12/03/2011
“African Tilebi Band”
Malick Diop Fall:  Flute Traversiere et choeur

Boubacar Samaké :   kamalé ngoni et chant

Abdoulaye Togola: Kamalé Ngoni et choeur

Nfally Komagara: Karinian et choeur

Jean Luc Diatta: Ekonting et chant

Malamine Keita: Bougarabou et CalebasseIbrahima

Séne : DjembeSeynabou

Badji: Choeur

Produced by Olivier Samouillan

Sound & Mix Charlotte Defourny


Nouveau site de Cezame Music Agency

Le lancement du nouveau site de Cezame Music Agency dont les musiques sont éditées par Frédéric Leibovitz me donne l’occasion de vous donner un lien sur ma page où vous pouvez écouter mes compositions pour ce label.

La création de Cézame est née de l’idée que l’illustration musicale est un champ de création à part entière. Les compositeurs qui collaborent à ce projet assument pleinement cette création destinée à rencontrer le public des professionnels de l’image et de la radio.


Kamal

Je suis trés fier d’avoir collaboré avec Fury et Patrick Gauthier sur cette vidéo.

Fury est une artiste dont j’admire le travail et une amie. Je n’en dirais pas moins de Patrick Gauthier, avec qui je me suis trouvé pas mal de points communs.

Kamal
Dubaï by Fury:”Kamal”2009
vidéo HD 10’28″
Musique originale de Patrick Gauthier ,violon solo Olivier Samouillan
cadreur Vladymir Tybin
montage Marc Leynaud

Paris-Banlieue, côté femmes

Article initialement paru dans le parisien
Mots sincères, parfois cinglants, elles parlent de démolition, de prison, de deuil mais aussi et, surtout, de l’amitié, la solidarité et de ce lien indissoluble qui les unit, tenace malgré les années.
Ce soir, Nora, Nadia et les autres, quatre femmes, amies et habitantes de longue date du quartier Balzac de Vitry, montent, à partir de 20 heures, sur la scène de l’Auditorium du MAC/Val. Accompagnée de dix jeunes, filles et garçons, âgés entre 15 et 20 ans, elles jouent « Paris-banlieue côté femmes », des textes qu’elles ont elles-mêmes écrits lors d’ateliers organisés au centre social Balzac.
Semaine après semaine, jonglant, pour certaines, entre emploi matinal et atelier-théâtre, les femmes ont répété dans un bâtiment en préfabriqué accolé au centre social, à côté des grues et des barrières de chantier du quartier en rénovation. Créer une passerelle entre les quartiers et Paris Place d’abord aux jeunes qui récitent des vers de Racine, tirés de « Bérénice » ou « Andromaque », des « femmes fières, dignes et combatives », selon Laetitia et Samira.
Puis vient le tour des femmes, qui se présentent assises sur une chaise ou le dos tourné au public. « Au début, on n’avait pas forcément envie de raconter nos vies, comme ça, devant tout le monde, puis c’est venu », confie Nora, les cheveux courts et le regard grave, qui évoque notamment dans le spectacle « Nicole », une amie décédée, « ses grands yeux noirs de métisse et sa vie de calvaire ». A ses côtés, Nadia se souvient des « années 1990 à Fleury, l’époque où l’on se battait pour avoir un parloir libre et la télé ». Rachida* (le prénom a été changé) nous parle d’une figure du quartier, minée par l’alcool et le chômage, que tout le monde appelait Mary Poppins, « si seule et si gentille ». « Balzac, c’est comme un village, assure Nadia, les femmes sont libres de paroles. Elles parlent et ne sont pas toutes des recluses voilées qui frôlent les murs ». En créant ce spectacle, le metteur en scène Sandrine Charlemagne, de la compagnie Espace Temps, veut, dit-elle, « apporter un goût à la littérature et créer une passerelle entre les quartiers et Paris, que cette parole-là, qui existe bel et bien, sorte de Balzac ».
Accompagné par l’altiste Olivier Samouillan, le spectacle a aussi été joué à la mairie de Paris et sera montré au printemps 2011 à la Parole errante de Montreuil (Seine-Saint-Denis). L’ouvrage-collectif dont sont tirés les textes « Balzac, côté femmes » doit bientôt être disponible à la vente. Ce soir, à 20 heures à l’auditorium du MAC-Val, suivi d’un débat avec Me Bruno Toussaint, avocat au barreau de Paris, et Nordine Iznasi du MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues).

Marianne Dissard New album Free Download “Paris One Takes”

PARIS ONE TAKES
Marianne Dissard

FREE DOWNLOAD

Recorded December 2009 in Paris, France at Badabing Studio by Jean-Pierre Sluys.
Mixed by Jean-Pierre Sluys and Jim Waters.
Marianne Dissard – vocals
Brian Lopez – guitar/vocals
Olivier Samouillan – viola, accordeon
Geoff Hidalgo – bass
Sergio Mendoza – drums, piano

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Playing in Berlin with Jonathan Robinson String Trio

“Adventures in Cinema”

Café Tasso, Berlin Friedrichshain, Frankfurterallee 11 5 January, 2010

Jonathan Robinson, bass, prepared bass

Olivier Samouillan,viola

Susanne Paul, 5-string cello

“Opening Up Dreams”
Jonathan Robinson, bass, prepared bass
Olivier Samouillan, viola
Susanne Paul, 5-string cello


Le sacrifice du mouton au Mont Tomor

Albanie, Mont Tomor, 16 Aout 2009

La route est longue, sinueuse, poussiéreuse et rocailleuse. Les pèlerins avancent  comme des funambules  sur les sommets,  l’immensité du paysage est vertigineuse. Nous nous dirigeons lentement vers un sommet toujours plus haut, plus mystique, où l’on sait que des dizaines de milliers de personnes  se retrouvent chaques années pour le sacrifice du mouton. Ils sont pour la plupart  “bektachis”, communauté musulmane issue du soufisme et actuellement quatrième religion de l’Albanie. Toutes les confessions religieuses se retrouvent et sont conviées, bien que cet année là   la fête  coïncide avec le Ramadan. Les bektashis ne font pas le ramadan, ils boivent de l’alcool et les femmes ne sont pas voilées. Ils ne sont pas considérés comme des vrais musulmans par les sunnites par exemple, d’ailleurs ces derniers éviteront pour cette année de se rendre sur place, pour ne pas assister à cette dégénération de l’Islam en période de jeune.

Les Bektashis souffrent depuis longtemps de cette étiquette de “mauvais musulmans”, ils ont été longtemps persécutés à plusieurs époques.  Le régime sévère d’Enver Hoxja proclamait l’athéisme obligatoire en auto-proclamant “Albanie, république athée” ne les épargna pas et les lieux de culte furent détruits, sort réservé également à toutes les autres religions aussi; le dictateur , je cite : “Cette lutte à mort que nous, marxistes, nous livrons à la philosophie idéaliste, à la religion et croyances religieuses (…) Pouvons-nous d’une part, combattre âprement la théologie, la religion, l’Église et les mosquées, les prêtres et les Hodjas et, d’autre part, exalter ces parties de l’œuvre de Naim Frashëri où il exprime sa philosophie bektashienne ? Allons-nous applaudir quand Çajupi dit, par exemple, que le mont Tomori est le trône sur lequel Dieu est assis ? “(LA COOPERATION ET LA REVOLUTON TECHNIQUE ET SCIENTIFIQUE (Discours de clôture prononcé au 3e plénum du Comité central du Parti du Travail d’Albanie) (14 octobre 1967)

Au haut de cette montagne inaccessible, se trouve le tombeaux d’Abaz Ali. On ne sait  plus trop d’ailleurs si ce tombeau en est vraiment un, certains prétendent qu’il serait vide, un lieu de culte fabriqué de toute pièce sur les bases d’une mythologie inventée dont le but aurait été de réunifier tous les albanais à travers une religion, une nation.

Telles étaient les paroles d’Abaz Ali, supposé être le fils d’Ali, le demi frère d’Hassan et Hüseyin :

” Nous sommes Albanais / Nous avons tous une foi / Nous sommes tous d’une race / Et nous vivons avec un espoir / que nous ne serons jamais divisé. La foi est Dieu / Pour tous les Albanais /  Et la fraternité, / la sagesse / La prospérité / La religion est le monde / Partout où nous sommes  / de la patrie nous nous souvenons, / Et partout où nous allons, / La nation nous n’oublions pas, / La fraternité nous avons “

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On peut aussi se rendre au Mont Tomor en camionnette ou en 4×4

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Mais si l’on a ni famille, ni véhicules… on peut s’y rendre avec comme seule compagnie son cheval et son mouton.

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Et si l’on pas encore son mouton, on peut en acheter un aux nombreux bergers venus spécialement pour l’occasion.

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On a bien choisi son mouton, on peut passer chez les bouchers, ils se trouvent à 2200 mètres d’altitude.

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La tradition veut que l’on se mette un doigt de sang sur le front, en faisant un voeux.

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Une Tzigane et son bébé font la manche dans les parages …

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On récupère le pelage du monton pour en faire des offrandes.

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Il ne reste plus qu’à aller se griller son mouton…

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Ma soeur que de charme

J’ai composé “Ma sœur tu n’as que de charmes” avec une vieille édition de poèmes de Lamartine sous la main, en ouvrant au hasard des pages, piochant quelques vers par ci et une strophe par là. Au chant Anne-Laure Touya , Eric Volpatti aux machines.


Vidéo bénite

C’était en 1983, nous nous rendions à Lourdes avec mon père. Il avait pris sa caméra et malgré mon jeune age (7 ans) je savais que nous partions plus pour une partie de rigolade que pour prier la vierge Marie. J’ai toujours reçu une éducation des plus anticléricales qui soit de la part mes parents et aussi de mon grand père espagnol, anarchiste jusqu’au bout des ongles qui jurait à longueur de journées sur les curés, la vierge du Pilar, les communistes et les fachistes.

Je fais même une brève apparition sur cette vidéo bénite, et les commentaires de mon père sont vraiment hilarant (à mon sens).


Mashup All Stars

Last night I spent some time with my friend David, great Vibraphone player, we watched Youtubes’s video of artists we like and inspire us.

So we decided to make a new band with some of them…. in this band is featuring Janis Joplin, John Bonham, Charles Mingus, Glenn Gould, Igor Stravinski, ray Baretto, anonymous (gong).

Well I think we will organise some more new band like this one, we had lot of fun doing this…

Enjoy ;)


Hillary&Clinton

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Cette Photo a été prise dans le village de Shipkovica en Macédoine dans la montagne aux alentours de Tetovo. la région fut l’épicentre du conflit qui opposa l’armée macédonienne à l’UCK (Armée de libération du Kosovo). les Habitants de ce village, peuplé d’albanais de confession musulmane, considèrent Bill Clinton  comme un héros depuis le bombardement de Belgrade … Le Kosovo a lui aussi mis à l’honneur Bill en nommant l’avenue principale de Pristina (Capitale) “Avenue Bill Clinton”.

A Shipkovica Le bar principal s’appelle “Hillary&Clinton”


Rencontre avec des musiciens albanais de Macédoine

Pendant le tournage d’un documentaire sur lequel je travaille (son) en ces moments  dans les Balkans, Nous avons croisé ces musiciens albanais.

Nous leur avons  donné rendez-vous le lendemain pour une séance d’enregistrement, il sont venus habillés de leurs costumes traditionnels, instruments en mains. On reconnait facilement que ce sont des albanais à leur chapeau blanc. Ils sont de Kicevo, ville macédonienne multi-ethnique, à l’image du pays.

Cliquez ici pour écouter

Sur la photo vous pouvez les voir avec un Tapan (Percussion), Au centre à la main droite, le musicien tient deux Zurlas (Instrument à vent à anche double), à la main gauche des kavals, le musiciens de gauche (moustache noire) tient une Kaval.

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Cet extrait que je vous propose ici est un duo de Kaval, flute que l’on retrouve dans tous les Balkans interprété par eux même.
Ecoutez


A Kind of Butterfly…

Lara Beswick Interview Olivier Samouillan pour Ownimusic

Qu’est qui vous a séduit chez Don GUIDO jusqu’à aboutir à une collaboration artistique ?

J’ai rencontré Don Guido en Macédoine pendant l’été 2002. Le pays sortait à peine d’une période de violences inter-ethniques. Ces périodes sont paradoxalement des moments où la vie semble devenir plus intense, où l’envie de bâtir prend le dessus sur  l’angoisse.

Je vivais en Macédoine, répétais à l’orchestre philharmonique tous les matins et passais le reste du temps  à enregistrer en studio. Le groupe était constitué de Macédoniens, de Tziganes, Bosniaques, Serbes… la diversité multi-ethnique des Balkans.

Don Guido venait nous voir de temps à autre et nous emmenait jouer à Sarajevo où il vivait. Le timbre si particulier de Don Guido et le parfum de Sarajevo m’ont inspiré la mélodie. Quant aux paroles, Teona Mitevska, réalisatrice de cinéma macédonienne avec qui je travaille passionnément, m’a fait lire un texte d’elle que j’aime beaucoup, A kind of Butterfly.

Nous préparons actuellement avec Don Guido un album de chansons d’amour décadentes.

Faites-vous un usage différencié des différentes plateformes à disposition (Myspace, Facebook, Soundcloud etc…) et considérez-vous que cela fait partie de votre travail en tant qu’artiste ?

J’ai suivi le même chemin que beaucoup de musiciens. Ma découverte des réseaux sociaux a commencé avec Myspace, j’avais la sensation de découvrir un outil fantastique. Je m’inscrivais sur d’autres sites de réseaux plus spécialisés, streaming , vente en ligne etc. Facebook est arrivé, j’ai peu à peu laissé Myspace somnoler.

Aujourd’hui j’ai pris beaucoup de recul. Cette activité est très chronophage pour les musiciens qui se retrouvent plus occupés à se construire une présence sur la toile qu’à composer, pratiquer leurs instruments, produire… Je me dis que le meilleur buzz, c’est la qualité. Celle qui demande du temps, de la concentration, de l’isolement et du talent.

Je me dis aussi que l’édition, le journalisme, le marketing, l’organisation de tournées etc. sont des métiers à part entière et qu’il est difficile d’assumer tout cela pour un musicien. D’autant plus que les écoles de musiques et les conservatoires en France, contrairement aux États-Unis,  ne préparent pas les futurs professionnels à maîtriser les outils dont ils auront besoin pour gérer leur carrière.

Je travaille également pour un éditeur, Frédéric Leibovitz et son label Cezame. Il occupe une place importante dans l’édition musicale et a su à plusieurs reprises proposer des solutions innovantes face à l’évolution de l’industrie musicale. Une personne dont j’apprécie l’écoute et les conseils.

Parlez-nous des activités que vous menez en parallèle de votre carrière de musicien.

En 2004 j’ai créé une société avec un ami, Publicmusic, qui a connu ses moments de gloire. Nous proposions un catalogue de musiques “libres de droit” spécialisé dans la musique “illustrative”. Nous avions comme clients des maisons de productions TV, radio, jeux vidéo, agences web etc. le catalogue était alimenté par une vingtaine de compositeurs.

L’idée de générer un modèle économique en marge de la SACEM était assez excitante, il y avait de la demande. Seulement, la réalité est que les revenus générés par la gestion des droits d’auteurs et la protection de nos musiques sur le marché étaient plus rentables en passant par la SACEM.

Ceci dit l’aventure de Publicmusic a été très enrichissante à plusieurs niveaux. Je travaille à l’élaboration d’une plate-forme musicale en ligne qui donnerait plus de liberté  aux compositeurs : définir les modalités de leurs licences, la valeur de leurs œuvres tout en choisissant le mode de gestion de leurs droits. L’ambition de ce projet est de construire une passerelle entre les compositeurs et le milieu audiovisuel.

Je me réjouis qu’Ownimusic ait pour vocation, entre autres, d’être un think tank et une plateforme expérimentale de nouveaux modèles économique autour de l’industrie de la musique.

 

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Chiottes et modernité

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C’est en me rendant aux toilettes d’une station service à 3 km de Franckort que me vint cette pensée que je m’empresse de noter ici avant qu’elle ne s’enterre d’elle même dans l’immense cimetière des pensées inutiles qui traversent mon quotidien: c’est en analysant les chiottes des stations services d’un pays que l’on peut se faire une idée concrète de son niveau de modernité.

Si la France en la matière, nous honore par son excellence, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver un certain complexe d’infériorité face à l’engeance germanique; complexe certainement transmis par mes aïeux de génération en génération qui n’a fait que se confirmer ici suite à simple épanchement d’urine.

Tout d’ abord pour atteindre l’urinoir il faut mettre des sous dans un distributeur qui nous délivre un ticket que l’on insère dans une machine enclenchant ainsi l’ouverture des barrières automatiques (l’expérience jusque là est très similaire a celle du métro parisien).

Les toilettes spacieuses (en France aussi) sont d’ une hygiène irréprochable  mais qu’elle ne fut ma surprise lorsqu’une petite lumière verte s’illumina au contact de mon urine sur la porcelaine, je fus ainsi averti par des clignotements lumineux que mon jet n’était plus qu’à l’état de gouttelette et pu ainsi refermer ma braguette en toute sécurité lorsque le voyant vert fut complètement éteint; les paroles d’une chanson entendue à la radio me vinrent à l’esprit : que tu l’astiques ou que tu l’agites, la dernière goutte est pour le slip.

Je décidais alors de pousser mes recherches sociaux anthropologiques plus loin en allant couler un bronze. L’étonnement et l’admiration redoublèrent à l’écoute de cette douce musique qui s’enclencha pour accompagner mes efforts. Je pensais jusque là qu’un tel niveau de modernité était réservé aux japonais. La musique recouvrait non seulement mes bruits disgracieux mais aussi ceux du gros allemand que j’avais vu rentrer en même temps que moi; je note ici que mon complexe d’infériorité faisait place à un sentiment de léger racisme refoulé anti germanique lui aussi certainement transmis de génération en génération. Ma mère, suite à ces quelques lignes, à qui j’envoie régulièrement mes écrits afin qu’elle me corrige, s’offusqua d’une telle affirmation allant même jusqu’à citer des ancêtres gazés qui pourtant n’auraient jamais eu aucune haine, voire rancune et encore moins de racisme à l’égard des allemands… et par ce fait refusa de corriger ce billet. Je vous prierais donc de bien vouloir m’excuser si vous rencontriez quelques erreurs d’orthographe ou autres donc, vous saurez à quoi c’est dû.

Je me mis à rêver, bercé par cette douce musique, que j’acquérais le marché de l’illustration sonore pour chiottes dans les stations services en France, mais ce fut très bref; j’ai régulièrement des montées soudaines et furtives d’espoir de devenir richissime,dans ces circonstances mais je n’y accorde pas trop d’attention.

Après ces rêveries de chieur solitaire, je n’eus besoin que d’un simple mouvement de la main devant une sorte d’objectif pour tirer la chasse, évitant ainsi tout contact avec quelconques bactéries nauséabondes. Une eau tiède se mit à couler sur mes mains juste en les plaçant sous le robinet pour s’arrêter net aussitôt la besogne finie et une machine sur les côtés me délivrait automatiquement une serviette m’interdisant de la sorte d’en arracher cinq ou six comme à mon habitude. J’étais séduit par toute ces précautions prises dans le seul souci d’économie d’énergie et à l’attention des générations futures en manque de ressources naturelles. Je venais enfin de comprendre ce concept étrange dont on parlait de plus en plus dans les médias, l’économie verte.

la sortie fut moins glorieuse voire humiliante, j’avais balancé mon ticket d’entrée dans le bidet et je ne pouvais donc ressortir de là, alors que j’envisageais (comme dans le métro à Paris) d’enjamber la barrière, la dame pipi devenue par la force des choses contrôleuse de ticket vint à mon aide interrompant ainsi son activité pédagogique à un couples de retraités qui tentaient d’obtenir un ticket à leur tour.

Après avoir bu un café immonde dont seul les civilisations anglo-germaniques ont le secret, je me mis à regretter la petite station service de Salerne en Italie, ou lorsque j’épanchais mon urine mes chaussures se retrouvaient tout éclaboussées par mon jet et celui de mon voisin, mais l’expresso était si bon…


Mon travail de composition pour le film “Je suis de Titov Veles” réalisé par Teona Mitevska

La sortie imminente en salles en Belgique du dernier film de Teona Mitevska “I am from Titov Veles” me donne l’occasion de vous parler de mon travail de composition sur ce film.

J’ai eu la chance de plonger dans ce film dès le commencement de l’écriture du scénario, ce qui est rare pour un compositeur de musique de film. Teona me faisait lire régulièrement son scénario alors qu’elle était en pleine écriture; j’ai ainsi lu plus d’une vingtaine de versions différentes et toujours avec le même intérêt.

Une fois le scénario achevé, Teona s’est lancée dans un travail de recherche phénoménal sur les couleurs. Elle lisait des tonnes de livres d’art en les noircissant de commentaires qu’elle me faisait ensuite parvenir. Ce processus passionnant a certainement donné naissance à un film d’une rare beauté visuelle; le fait de m’imprégner continuellement de son travail  m’a si bien inspiré que quand vint le moment de la composition il me semblait déjà savoir de quelles musiques nous avions besoin.

Ce film exploite parmi d’autres la thématique du contraste; à la noirceur de l’usine, la jeune réalisatrice oppose un univers onirique à la limite du fantastique, à l’omniprésence des lourds sons d’usine j’ai voulu  opposer une musique minimaliste, cristalline, une musique qui nous permet de rester dans l’intimité d’Afrodita, le personnage principal muet  qui nous guide pourtant par le biais de sa voix intérieure.

La musique, piano solo, est interprétée par Frank Braley. Son talent immense Lire la suite


Anteo

J’ai composé “Anteo” à NY, Aout 2001, un mois avant le déluge…
Rien ne laisse alors présager des lendemains sinistres, j’ai 25 ans, je contemple tout Manhattan depuis mon loft à Brooklyn et je joue des heures et des heures torse nu sur mon tout nouvel Alto à 15 000 $

Je vais être papa et j’écoute du John Zorn à fond les ballons, je joue même dans son club “Tonic” avec des purs musiciens du free Jazz à faire ressurgir Albert Ayler de sa tombe. Je me découvre une passion pour les musiques balkaniques, influence directe de ma douce , ma future femme et future mère de mon fils…

“Anteo” c’est une chanson pour elle, mélangez les lettres et vous trouverez son vrai nom, c’est aussi le nom que j’ai donné au palmier qui pousse sur les rebords des grandes fenêtres du loft ensoleillé…

Cette vidéo est enregistrée un an plus tard, à Skopje capitale de la Macedoine, le déluge 09/11 a changé la trajectoire de ma vie, je suis entouré de musiciens extraordinaires venant de diverses régions balkaniques, on joue Anteo.
Le violoniste à mes côtés s’appelle Gazmen Berisha, j’ai beaucoup appris de ce grand violoniste Tzigane. Il est né au Kosovo mais faut pas trop lui parler de cet endroit… il a morflé là-bas.
Nous sommes donc en août 2002, mon fils Kaeliok est né, il est encore plus petit que mon Violon.
zlust


Manière de fuir

tweentower

57, c’est la marque de cigarettes des travailleurs, ici, à Skopje. Dans le paquet, les cigarettes sont présentées à l’envers, le filtre vers le bas, afin de pouvoir se fumer une tige sans pour autant se mettre du cambouis sur le filtre.

C’est un alcoolique grec qui m’a raconté ça, Alexandre. Il était photo-reporter avant, pendant dix ans, embauché par sa boîte à Athènes pour photographier la guerre en Bosnie, au Kosovo et il n’y a pas très longtemps encore, ici, en Macédoine. Puis il s’est arrêté là, dans ce zinc, et passe son temps à raconter des histoires sordides. Mais c’est comme ça, il peut plus rien dire d’autre, le bougre, y a plus que ça dans sa tête.

Il prétend toujours qu’il est meilleur que les autres reporters, lui, plus humain.

Une fois, il se trouvait à Tetovo, les balles fusaient dans tous les sens, il se cachait derrière une rambarde bétonnée, muni de son appareil photo et d’un gilet pare-balles, à l’affût d’un événement. Puis quelqu’un arriva :

– Il y a eu un mort là-bas… un jeune albanais…

Malgré le risque, il y va, pénètre dans la maison, toute la famille est là, les femmes pleurent autour du corps, la mort remonte à une demi-heure… Je veux pas les déranger, il nous dit.

– Je respecte… l’appareil caché sous mon gilet… j’attends… Personne n’a remarqué ma présence… Puis doucement, je commence… Tchac… une photo… Tchac, tchac deux autres… et ainsi de suite. Soudain des journalistes américains débarquent… Une grande blondasse avec toute son équipe… Ils font du boucan… filment tout… parlent à haute voix et puis s’en vont !.. Aucune pudeur, je vous dis… Ce jour-là, j’ai pris de bonnes photos… Elles ont fait le tour de la presse internationale.

Tout le monde l’écoutait religieusement, approuvant gravement autour d’un verre de Rakia généreusement offert par lui-même. Moi, je me disais qu’il valait pas mieux que les autres, qu’il faisait le même business, à vendre du scandale pour les chaumières.

L’autre jour en sortant du bar, il est tombé, trop imbibé l’animal, s’est ouvert le crâne.

Des histoires, il en manque pas ici, et vas-y que ça palabre. Dernièrement, un gars me racontait qu’en fait, Ben Laden et Bush, c’était des copains, que les Towers, c’était un groupe de japonais qui en voulait à toute l’Amérique !.. L’anthrax ? Pure machination pour faire peur aux media, les occuper en quelque sorte. Je sais pas si c’est vrai tout ça, mais à l’époque ça m’avait franchement foutu les jetons ces histoires d’anthrax et d’avions qui te pètent à la gueule.

Je m’en souviendrai pendant un moment, du 11 septembre 2001. Je pourrais dire que j’y étais ! Oui, j’ai tout vu depuis mon toit à Brooklyn, ou presque. J’ai pas vu les avions se scratcher, ni les gens se jeter par les fenêtres, mais j’y étais.

Il faisait si beau dehors, qu’avec Antea on s’amusait à se prendre en photo à poil, avec comme arrière-plan les tours qui s’effondraient. On a fait ça rapidement car après, tout le building était monté sur le toit. Il faut dire qu’ils rigolaient pas, eux. C’est la troisième guerre mondiale, qu’ils disaient !..

Bande de brooklinois, sinistres cons que je mugissais, vos tours, c’est que de la poussière, de l’engrais pour le New York Times… Vous vouliez du spectacle à sensations ?.. Excellentissime !.. Ouvrez les yeux… Là, devant vous, en live direct… Excitez vous… C’est pas tous les jours !..

Le plus drôle c’est qu’en même temps, on écoutait tous la radio sur le toit, tout en apprenant que d’autres avions étaient en train de s’éclater à droite et à gauche comme des figues mortes ! Alors, tout le monde lorgnait le ciel pour voir si par hasard y en avait pas un autre qui allait nous tomber dessus ! Moi j’avais plus de clopes, le crâne tout ankylosé, j’avais pas encore fumé de la journée, alors j’essayais d’en taxer une ici et là, mais personne ne fumait dans ce con de building…

N’empêche qu’il me tarde de les développer, ces photos… Ça va faire du grabuge… parce que des clichés terribles, avec des morts et tout le bataclan j’en ai vu… Mais moi, tout nu comme un ver de terre, devant ce tas de cendres… j’ai pas encore vu…

Les jours qui suivirent furent moins drôles, la pluie, les odeurs de mort, tout le monde tirait la gueule et tous ces amerloques avec leurs drapeaux « God bless America », ça me donnait la nausée. A ce moment-là, je travaillais comme serveur dans un restaurant français. Le lendemain de la catastrophe j’ai séché, j’ai appelé le patron pour lui dire que j’avais pas le cœur à l’ouvrage, que j’étais trop choqué. – Rien à foutre ! – qu’il beuglait, l’ignoble. N’empêche que ce jour-là, il a pas pu ouvrir son restal. Le cuistot, un Mexicain de 15 ans, avait perdu sa sœur, elle faisait le ménage au 92e étage.

J’étais persuadé que par ces temps, les gens sortiraient pas, trop déprimés, que j’allais pouvoir grailler un bout puis filer à la maison… que dalle ! Ça leur avait même donné faim, à ces vautours !.. Et vas-y que ça piaillait… On va leur balancer la bombe, qu’ils roucoulaient… Y’en a marre de Sadam Hussein, Arafat et compagnie…

Nous, on bossait comme des romains jusqu’à plus d’heures, on devenait riches !.. Il savait plus ou donner de la tête le patron, il avait mis des petits drapeaux américains devant le restaurant. ça va leur plaire, qu’il disait… ils vont se dire que la France est solidaire !

Le problème, c’est que moi au bout d’une semaine, j’en pouvais plus. On commençait à six heures du matin jusqu’à minuit, puis je partais jouer mes concerts dans les clubs de jazz de la ville, armé de mon violon. Je dormais plus… suis tombé malade… sale fièvre… sentais plus mes jambes… continuais quand même à taffer comme un misérable. Puis il a fini par me virer, sans scrupules… J’étais plus assez rapide… T’es un artiste toi, qu’il m’a dit, comme pour s’excuser… Ta vie, elle est pas ici… Je m’en foutais… qu’il crève rongé par son stress et ses rats.

Ce qui me faisait de la peine, c’était de quitter mes potes mexicains, des gamins qui bossaient comme des forçats sans jamais se plaindre, sous-payés, sans papiers. Ils savaient que l’ordure pouvait les virer d’un moment à l’autre. Leurs jeux favoris, à eux, c’était d’éclater les gros rats derrière les cuisines, à coups de lances qu’ils fabriquaient avec un manche à balai et les couteaux de cuisine.

Tout leur fric, ils l’envoyaient à leurs familles restées au Pueblo. Ils vivaient tous dans une modique piaule dans le Bronx à deux heures de train du restaurant. Ils avaient tous marché deux jours à travers le désert du Mexique, une gourde d’eau et des galettes de maïs pour tout bagage, puis traversé le Rio Grande à la nage, pris l’avion je sais plus où, pour atterrir ici, aidés par un grand frère déjà sur place. Ils me racontaient tout ça en détail, fiers comme des héros. On picolait la Tequila à longueur de journée. L’un d’eux, Betto, avait ses dents de sagesse qui lui poussaient de travers, ça lui causait des douleurs terribles, mais c’était trop cher d’aller chez le dentiste. Un autre, il était jamais allé au cinéma de sa vie, alors une fois, je l’ai embarqué et on est allé voir « Dog and Cat », le dernier Walt Disney.

Avec Antea, on pensait plus qu’à une chose, fuir, tout larguer, la connerie ambiante, les dettes, l’hystérie générale. On voulait partir pour la France, à Toulouse. Mon père disait qu’au moins là-bas, il nous arriverait rien. Puis il nous faisait peur avec ses histoires de bio-terrorisme :

– Cassez vous, malheureux, ça va péter !.. Achetez des masques à gaz !..

L’ennui, c’est qu’à l’Ambassade de France, ils voulaient pas lui délivrer de visa, à Antea. Macédonienne… Qui sait… Peut-être qu’elle faisait partie d’un réseau de terroristes Kosovars armés par Ben Laden, qu’ils devaient penser. Rien à faire, on avait beau leur expliquer qu’elle était slave et non pas albanaise, qu’elle avait sa green card depuis perpète, overdiplômée dans les meilleures universités, que s’il y avait des choses louches, ce serait plutôt de mon côté, avec mes ancêtres anarchistes, mais certainement pas du sien… Rien… têtu comme une mule, le consul.

Elle était enceinte de deux mois à ce moment-là, Antea, mais même ça, ils en voulaient pas au consulat.

– Quand même, le bébé qu’elle porte, il est bien français que je sache… Il a pas le droit d’aller voir sa famille, à Toulouse ?.. Hein ?..

Non… Un fœtus n’a pas de citoyenneté, qu’ils me rétorquaient avec leur immonde logique… Et arrêtez de venir tous les jours qu’ils rajoutaient… Ce qu’on a fait d’ailleurs… On en a eu marre à la fin… On est partis pour la Macédoine.

Ce même matin, à la sortie des bureaux, on se dirigeait vers Central Park, manière de se changer les idées. C’était pas loin, quelques blocs. Sur tous les murs, les vitrines, les cabines téléphoniques, flottaient des petits bouts de papier ornés de photos-portraits. De jolis portraits, d’ailleurs ; des gens bien habillés, heureux et en bonne santé. C’étaient les portraits des morts, disparus sous les décombres. Les familles en collaient partout, au cas où la personne recherchée ne serait pas vraiment morte… Juste égarée.

Avant de pénétrer dans le parc, comme à chaque fois que je passe devant un de ces kiosques, j’eus comme l’envie subite d’un hot-dog. Un musulman coiffé d’un grand turban tenait le stand. Il me préparait ça d’une main habituée, tout en lisant de l’autre un journal en lettres arabes. Une fois servi, je me surpris à regarder mon hot-dog suspicieusement… Et s’il était empoisonné ?.. J’avais bigrement honte de moi… Mais c’était ainsi… Nez à nez avec mon hot dog… je pouvais pas l’avaler. Un peu plus loin, deux policiers bousculaient violemment Antea, lui interdisant ainsi de traverser la chaussée. Elle protestait, j’accourus ; malgré son anglais impeccable, elle leur criait dessus en macédonien comme à son habitude lorsqu’elle s’énerve. Des hurlements de sirènes se firent entendre, un cortège de policiers dégageait la route, laissant passer un long convoi funèbre de pompiers ; ils avançaient lentement, dressés comme des cierges sur leurs beaux camions rouges. Je laissai tomber mon hot-dog à terre, abasourdi par cette étrange cérémonie.

Des montagnes à perte de vue, vieilles, marrons, sans un arbre. Je me demandais bien où on allait finir par atterrir. On avait fait le transit par Vienne. A la douane, j’aurais dû passer par la porte « Communauté européenne », mais j’avais suivi Antea vers « Etats hors Schengen ». J’ai tout de suite compris que je venais de passer une porte nettement moins avantageuse, pas de fauteuils, rien à acheter, pas même une revue, et puis surtout tous ces gens dont je ne devinais même pas la nationalité. Pour Antea, un jeu d’enfant… Elle me chuchotait, comme si c’était un secret :

– Des albanais…

Il y en avait partout, bien plus que des slaves. Elle m’expliquait qu’ils avaient les moyens de voyager, eux… Le marché noir, la drogue… C’étaient eux…

On a été fouillés comme pas permis à l’aéroport ; on a quand même bien rigolé quand ils m’ont demandé d’enlever mes chaussures… J’avais des chaussettes différentes à chaque pied !

Finalement, au bout d’une heure et demie de vol, on a aperçu Skopje, dans une cuvette. Plus on se rapprochait de l’aéroport et plus on distinguait des tanks, des hélicos et tout l’attirail de guerre qui suit. L’aéroport avait été transformé en base militaire de l’OTAN, j’étais tout excité.

Trop petit, l’aéroport, trop de gens, des bidasses partout, ils parlaient toutes les langues. Mes bagages n’arrivaient jamais… Priorité à l’Armée… On se bousculait… Mon petit sac est arrivé… J’étais prêt pour passer la douane…

– Un violon ?.. Français ?.. Vous connaissez Stéphane Grappelli ?..

Là, il m’a cloué le bec, le douanier ! Bien sûr que je connais !..

Il y a des jeunes qui trouvent ça louche, que j’habite là, moi. Ils pensent qu’à se barrer eux, vers l’Ouest, mais ils peuvent pas bien sûr, pas de visa. Ils me demandent comment c’est l’Amérique, Paris… Moi, je leur explique qu’ici on est mieux, que le métro tous les jours c’est l’enfer et que les tomates ont plus de goût ici. Ça marche pas, des tomates, ils en ont plein le bide, rien à foutre !

Y’en a même un qui m’a dit que faire naître mon fils ici, en Macédoine, c’était un crime… que ça lui porterait la poisse, qu’ils lui donneront même pas la nationalité française à l’Ambassade… ils me croiront pas qu’il a du sang français, mon fils.

Il paraît qu’avant, au temps de la Yougoslavie, c’était le meilleur des passeports que tu pouvais avoir… Tu pouvais aller chez les russes, aux Etats-Unis, à Saint-Tropez, partout.

L’autre jour, c’est le voisin d’en bas qui m’appelle. Je fais la sourde oreille‚ ça sent la maladie et le tabac froid chez lui, je veux pas y aller. Il insiste, j’y vais. Il me sert du café turc, me montre la cage aux perruches, il n’y en a plus qu’une, la deuxième est morte ce matin… Kaput !.. On continue la visite, le nouvel achat du mois, une chaîne haute fidélité, et ci et ça… Puis finalement on y arrive, là où il voulait en venir… le but caché de son invitation… un livre qu’il veut me montrer… NATO agression in the objective. Il a un sourire méchant tout d’un coup… Je sens qu’il veut me montrer des trucs horribles… J’essaie de m’échapper… il me retient… je suis cuit… J’avais raison… des bombardements… Belgrade… des cadavres déchiquetés… Il tourne la page… des immeubles détruits… des charniers… une tête calcinée… je n’en peux plus… Une autre page… un bout de jambe… Je ferme les yeux… Il ferme le livre… me regarde… Je comprends… NATO, c’est moi.

Ça m’avait donné soif, toutes ces ignominies. J’appelle les copains, on se rencarde au bar. Je commande une bière, mes potes ils prennent de la Bozza, boisson locale à base de plantes fermentées, pas chère du tout, presque donnée. C’est une boisson qui conserve, y’a un vieux qui en produit, il a 120 ans qu’ils me disent… Moi j’ai l’air d’un con avec ma bière, ils ont même pas assez de fric pour se payer une mousse… Alors vas-y… j’allonge les deutsche marks… Tournée générale !.. Aux chiottes la Bozza miraculeuse !.. On trinque en se regardant dans les yeux, on rigole… mais je le sens bien qu’y a comme un malaise … Ça me brûle dans la poche, tous ces biftons… j’ai envie d’une autre bière, mais je me le sens pas de déballer mon fric une fois de plus sur la table… Je me résigne… on a fini la soirée à la Bozza.


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